Pourquoi s’abstenir peut être la décision la plus rationnelle
Introduction
Les ETF sont souvent présentés comme une solution simple, efficace et accessible pour investir sur les marchés financiers. Cette simplicité apparente explique en grande partie leur succès.
Mais comme nous l’avons vu dans notre précédent article, la simplicité des ETF est trompeuse : derrière un produit facile à acheter se cachent des choix, des risques et des comportements déterminants.
Dès lors, une question essentielle se pose :
faut-il investir en ETF dans toutes les situations ?
La réponse est non. Et comprendre quand ne pas investir fait pleinement partie d’une approche disciplinée et rationnelle de l’investissement.
1. Investir en ETF avec un horizon trop court
Un ETF actions, même très diversifié, reste exposé à la volatilité des marchés. À court terme, les fluctuations peuvent être importantes et imprévisibles.
Si votre horizon d’investissement est inférieur à quelques années, investir en ETF devient une décision risquée :
- un besoin de liquidité imprévu,
- un projet à échéance proche,
- une obligation de vendre dans un contexte de marché défavorable.
Dans ce cadre, l’ETF n’est pas un outil adapté. La volatilité n’est pas un défaut du produit, mais une caractéristique structurelle des marchés actions.
2. Une tolérance au risque mal évaluée
Beaucoup d’investisseurs sous-estiment leur propre réaction face aux pertes temporaires. Un ETF monde peut connaître des baisses significatives, parfois supérieures à 30 % lors de crises majeures.
Avant d’investir, il faut se poser une question simple mais rarement anticipée :
Suis-je capable de rester investi lorsque mon portefeuille est en forte baisse ?
Si la réponse est non, l’ETF n’est pas le problème. Le problème est l’écart entre le risque réel et le risque psychologiquement acceptable.
Investir sans être préparé à cette réalité conduit souvent à :
- vendre au mauvais moment,
- cristalliser des pertes,
- perdre confiance dans sa stratégie.
3. Un besoin de liquidité à court ou moyen terme
Les ETF ne doivent jamais être confondus avec une épargne de sécurité. Ils ne sont pas conçus pour répondre à des besoins de trésorerie immédiats ou imprévisibles.
Avant d’investir en ETF, il est indispensable de :
- disposer d’une épargne de précaution,
- sécuriser les dépenses à court terme,
- éviter toute contrainte de vente forcée.
Vendre un ETF parce qu’on “a besoin de l’argent” est souvent le signe que l’investissement n’aurait pas dû être fait dans ces conditions.
4. L’absence de cadre d’allocation
Acheter un ETF ne constitue pas, en soi, une stratégie d’investissement. Sans réflexion sur l’allocation globale du patrimoine, l’investisseur subit entièrement les variations du marché.
Un cadre d’allocation permet de répondre à des questions clés :
- quelle part du patrimoine est exposée aux actions ?
- quelle part est sécurisée ?
- comment le risque est-il réparti ?
Sans ce cadre, l’ETF devient une décision isolée, souvent émotionnelle, et non un élément d’une stratégie cohérente.
Un bon produit utilisé sans structure devient une mauvaise décision.
5. Investir sous l’effet de la pression ou du FOMO
La popularité des ETF alimente parfois une peur de “rater le train”. Investir parce que “tout le monde le fait” ou parce que les marchés ont récemment monté est rarement une décision rationnelle.
Les signaux d’alerte sont clairs :
- investissement précipité,
- absence de règles,
- décisions guidées par l’actualité ou les réseaux sociaux.
Dans ces situations, ne pas investir est souvent la meilleure option.
Conclusion
Les ETF sont des outils puissants, efficaces et pertinents dans de nombreuses stratégies d’investissement à long terme. Mais ils ne sont ni universels, ni automatiques.
Savoir quand ne pas investir en ETF est une compétence essentielle :
- elle protège contre les erreurs comportementales,
- elle impose un cadre rationnel,
- elle rappelle que l’investissement commence par la décision, pas par le produit.
Ne pas investir n’est pas une faute.
C’est parfois la décision la plus disciplinée et la plus rationnelle.
